Afrique du Sud : les villes

, par  Laurent , popularité : 3%

Johannesbourg, Pretoria, Soweto, Le Cap ; toutes ces villes, je les ai visitées et elles m’ont fascinées. Chacune de ces villes est unique et ne se ressemblent pas les unes avec les autres.

Je ne vous cacherais pas que la seule et unique qui mérite vraiment le voyage et celle que j’ai préféré, c’est Le Cap.

D’ailleurs, ci dessous en cliquant sur les carrés, vous pourrez accèder à toutes les photos que j’ai prises dans ces villes et Le Cap bénéficie d’un album à part. Mais ce n’est pas parce que Le Cap est une ville exceptionnelle que les autres demeurent inintéressantes.

Afrique du Sud : les villes du Gauteng
 [1]

Johannesbourg et sa banlieue Soweto surprennent par leurs extravagances, leurs diversités et leurs disparités. Cette agglomération pourrait être le témoin visuel de ce que peut faire de pire le capitalisme et ce qui nous attend si l’on ne fait rien. Johannesbourg est la ville où se côtoie le plus de milliardaires de tout le continent africain et une population d’une extrême pauvreté. Le salaire minimum s’approche de 120 € par mois pour un noir alors que le niveau de vie d’un blanc et de fait celui-ci des prix est proche, voir plus élevé que celui d’un Européen moyen.

A cela s’ajoute l’histoire propre de l’Afrique du Sud, celle de l’apartheid [2], encore très présente à Jo’burg [3] dans les esprits. Les noirs et les blancs vivent séparés dans leurs têtes et dans leurs gestes. Même si la séparation n’est plus vraiment raciale, elle est passée dans le champ économique. Serais-ce ça la lutte des classe ? Toutefois, les uns se souviennent de l’humiliation, de la privation de leurs droits dont ils ont été victimes durant l’apartheid ; et s’ils ne sont plus floués socialement et si un grand nombre a réussi à passer dans le clan des « classes moyennes » ; la grande masse se sent encore flouée économiquement.

Les autres, les possédants en majorité blancs, ont peur. Ils s’enferment dans leurs ghettos dorés entourés de murs, de barbelés et de clôtures électriques. Ils ont peur de toute cette frange de la population criant famine qui pourrait un jour profiter de leur nombre et pourquoi pas de la bienveillance du nouveau pouvoir pour investir leurs foyers et réquisitionner leurs biens, comme ce fut le cas au Zimbabwe, un pays voisin.

Cette peur est alimentée par une taux de criminalité record [4]. Et vu l’indigence des services publiques comme la Police, elle n’est pas prête de se tarir. Quitte à laisser 20% de ses charges locatives à de très puissantes compagnies de sécurités qui profitent bien de cette peur. Celles-ci, n’hésitant pas à l’alimenter, comme le prouve ce panneau déposé sur la voie publique et sponsorisé par l’une de ces compagnies. De là à accuser ces sociétés de complicité dans l’importance malaise social que subit Jo’burg, il n’y a qu’un pas. Mais ces sociétés créent de l’emploi ma bonne dame.

Avec tout ça, on oublie que les violeurs, les dealers et les autres criminels sévissent dans leur très grande majorité au sein des populations les plus pauvres des townships et des bidonvilles. Les premières victimes sont ni riches, ni blanches.

Du coup, les Johannesbourgeois des classes moyennes et supérieures vivent tout le temps enfermé, soit dans leur propriété, soit dans leur voiture. Ils ne fréquentent que les endroits « safe », c’est à dire leur lotissement pavillonnaire avec barrières et gardiens à l’entrée, leur bureau ou de gros centre-commerciaux bardés de caméras de vidéo surveillance et de gardiens de parking [5]. Ils éviteront les endroits « unsafe », c’est à dire marcher à pied sur de longues distances, dans la rue, notamment celles du centre-ville historique et les townships.

Johannesbourg me fait penser à une immense banlieue californienne, comme celles qu’on voit dans les films. De grandes avenues verdoyantes et bordées de palmiers. Un paysage qui pourrait être enchanteur, mais au lieu de ça, ici il n’y a point de signe de l’ouverture de l’urbanisme des villes américaines. Les avenues de Jo’burg bien que vertes et arborées sont entourées par de hauts murs surmontés de clôtures électriques et fermés par des portails automatiques en fer forgés.

Les classes populaires, elles se déplacent en marchant. Elles fréquentent, parce qu’elles n’ont pas le choix, les lieux « unsafe », prennent des trains de banlieues bondés et déliquescents ou des taxis collectifs qui mettent des heures à les emmener depuis leurs lieux de travails jusqu’à leurs townships déprimants et insalubres.

Ce sentiment d’insécurité omniprésent est beaucoup moins lourd et présent à Pretoria, la capitale pourtant si proche [6] et surtout au Cap [7], ville qui demeure très accueillante.

Pretoria est une ville fonctionnelle et administrative. Elle n’est pas dénuée de charme, mais point trop n’en faut. Elle est le siège du gouvernement et du parlement [8]. Beaucoup d’ambassades étrangères (dont celle de la France) sont à Pretoria. C’est également une ville universitaire car elle y abrite le plus gros campus d’Afrique. On peut y marcher dans les rues du centre et d’Arcadia (le quartier chic) sans se faire agresser. Il est très à la mode de déjeuner au Café Riche sur Church Square. Il parait qu’au printemps, les rues sont magnifiques car les arbres qui les bordent, des jacarandas, sont en fleurs. Ainsi, la ville devient toute violette.

Afrique du Sud : Le Cap et sa péninsule

Le Cap est la plus belle ville des trois. Peut-être est-ce dû à l’éloignement des quartiers pauvres et à ses paysages extraordinaires ? Mais, Le Cap se démarque de sa grande sœur Johannesbourg par son charme et sa beauté. Là-bas, on n’a l’impression d’évoluer dans un film ou dans un jeu vidéo. Le Cap est une ville qui aurait des faux airs de San Francisco, de Miami ou de la Nouvelle Orléans. Est-ce du à son côté plus anglos-saxon et donc moins hollandais des deux précédentes ? A moins que ces racines baroques et méditerranéennes y sont pour quelque chose.

Le Cap est une ville où la nature et l’Océan sont très présents. Elle ressemble donc à une immense station balnéaire. Le Cap est une cité à taille humaine, on peut marcher à pied dans ses rues agréables. En plus, ces environs sont le paradis des surfeurs, des randonneurs, des parapentistes...

[1Le Gauteng est le nom de la province où se situe Johannesbourg et Pretoria. Cela signifie « Pays de l’Or » en langue Sotho car c’est dans cette province qu’on a trouvé les importants gisements d’or qui ont fait la richesse de ces villes et surtout de l’Afrique du Sud.

[2A ce propos, si vous passez par là-bas, je vous conseille fortement la visite du très bon musée de l’apartheid. Un moment passionnant, émouvant et sidérant vous y attend.

[3Jo’burg, est le diminutif de Johannesbourg. On trouvera aussi l’appellation Jo’zi qui désigne la ville en zoulou.

[4Jo’burg est la ville au plus haut taux de criminalité au monde, devançant de loin Mexico et Medellin.

[5Ces gardiens de parking sont payés au lance-pierre. Ainsi, ils ne rechignent pas à nettoyer votre voiture ou à porter vos sacs en échange d’un pourboire de quelques centimes d’euros.

[6Johannesbourg et Pretoria sont séparés de moins d’une soixantaine de kilomètres.

[71 800 kilomètres séparent Le Cap de Jo’burg.

[8Le parlement ne siège à Pretoria que durant 6 mois de l’année. L’été le parlement siège au Cap. Le pouvoir judiciaire, lui est logé à Bloemfontein vers le centre du pays.

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