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Article chiant

vendredi 14 août 2009, par Laurent

À l’école on nous apprend les règles de grammaires, les règles d’orthographe, la conjugaison... Mais, les règles de typographie restent pour la plupart une inconnue pour nous tous. Pourtant, elles participent également à la cohérence, à la bonne compréhension, à l’unification et à l’esthétique d’un texte. On se choque facilement d’un texte en langage SMS, d’une faute d’accord ou de conjugaison. Par contre, tout autour de nous un grand nombre d’erreur et d’idées reçues sur la typologie engendrent de grosses fautes de français qui passent complètement inaperçues aux yeux de la majorité.

Je ne prétends pas être très doué en orthographe. À la lecture de ce blog, vous pouvez constater que je suis loin d’être le dernier à faire des erreurs. Une faute d’orthographe est une chose qui ne pardonne pas. Celui qui en commet subit l’ire de ses contemporains.

Or, même des publications très sérieuses se permettent d’énormes libertés typographiques qui passent inaperçues et ne sont plus relevées par personne. J’ai décidé par ce présent article de sortir mon glaive et d’affûter mon clavier, afin de pourfendre quelques idées reçues et tenter de rétablir un semblant de légalité française.

Mise en situation

Pour illustrer mon propos, voici un petit exercice. Dans le texte ci-dessous, pouvez-vous me dire quelle sont les formes inappropriées ?

Elle s’ écria : "Oh! Mon Dieu!" à l’adresse de Mr Durand à la lecture du journal qui titrait en pleine page UN INTERNE TUE. Monsieur Durand dubitatif regardait sa montre ( elle indiquait 6h, 30’ et 12" ). Il ne comprenait pas ce qui choquait sa femme. Il dut relire une 2ème et une 3eme fois l’article , avant de comprendre que l’interne qui a été tué était son fils.
 

J’aurais pu faire de cet exercice un énième petit jeux. Mais j’ai de gros doutes sur l’intérêt qu’il aurait suscité. Donc voici ci-dessous la réponse.

Explication de texte

Évidemment, si je vous fais lire le petit paragraphe présent ci-dessus, c’est qu’il recèle moult erreurs. Avez-vous réussi à les déceler ?

1) « Elle s’ écria : "Oh! Mon Dieu!" » était la proposition la plus chargée en fautes de typo. Il n’y a jamais d’espace après une apostrophe et il y a toujours un espace avant une double ponctuation. Les ; : ! ?, sont des doubles ponctuations.

De plus, les guillemets français sont ainsi « » et non comme ça «   ». Ces dernier sont des guillemets anglo-saxons et ceux-ci „ ” sont des guillemets allemands. Les guillemets anglo-saxons ont été popularisés avec l’avènement de l’informatique. Toutefois, ils ne doivent pas être utilisés en français. De plus, en français, il y a toujours un espace avant et après un guillemet.

Ainsi, la phrase aurait dû être écrite comme ça : « Elle s’écria : « Oh ! Mon Dieu ! » [...] ».

2) Dans un texte littéraire, il faut autant que possible éviter les abréviations. Mais si l’on doit en utiliser une, autant en utiliser une française. Car il ne s’agit pas ici de mister Durand, mais de monsieur Durand. L’abréviation adéquate est alors « M. ».

Là on touche à une chose qui m’énerve au plus au point quand je vois écrit mon nom précédé de Mr sur mon courrier ou mon carnet de chèque. Nous sommes en France ! que diable ! Idem sur les convocations où il est écrit « Mrs Intel et Intel » au lieu de « MM. Intel et Intel ». Nous ne sommes pas des « miss » !

3) En typographie française, la référence à un titre doit se faire en italique et non pas en majuscule. Sauf quand il s’agit du titre d’un article où il doit être fait usage de guillemets comme pour une citation. Car le vrai titre de l’ouvrage est celui de la revue. Ainsi, je pourrais écrire par exemple : Le Monde titrait : « Un interne tué ! ». [1]

Toutefois, si je dois écrire en majuscule : JE DOIS METTRE UNE ACCENTUATION ! Contrairement à une idée reçue qui s’est développée avec l’expansion de l’usage des machines à écrire qui ne permettaient pas d’accentuer les majuscules ; il faut le faire.

Et je vous démontre pourquoi. Si j’écris la phrase : « UN INTERNE TUE ! » ; il y a quatre interprétations possibles. Est-ce un interné qui est tué, un interné qui tue, un interne qui est tué ou un interne qui tue ? Dans l’exemple du texte ci-dessus, outre la remarque sur l’utilisation des majuscules, il aurait fallut écrire : « UN INTERNE TUÉ ».

Vous ne me croyez toujours pas ? En voici la preuve sur le site de l’académie française.

4) « M. Durand regardait sa montre ( elle indiquait 6h, 30’ et 12«  ). » Dans cette phrase, deux erreurs sont recensées. Il n’y a jamais d’espace après une parenthèse ouvrante et avant une parenthèse fermante. De plus, même s’il est préférable dans un texte de ne pas utiliser les abréviations, autant qu’elles soient justes. Les « ’ » et «  » » indiquent bien des minutes et des secondes, mais d’angle. En ce qui concerne le temps, il faut utiliser « mn » (et non pas « min ») et « s » (et non pas « sec »), qui sont les abréviations officielles. La bonne phrase est : « M. Durand regardait sa montre (elle indiquait 6 h, 30 mn et 12 s). »

5) Courage, mon article est bientôt fini.

Dans la phrase : « Il dut relire une 2ème et une 3eme fois l’article , [...] », ce qui choque est l’espace devant la virgule. Effectivement, il n’y a pas d’espace devant une ponctuation simple comme un point ou une virgule.

Mais ce qui n’est pas juste dans la phrase, c’est également une mauvaise utilisation des abréviation d’énumération. Je vous rassure, je ne l’ai appris moi aussi que récemment. Première s’abrège comme ceci : 1re et non pas comme cela : 1ère  [2], deuxième s’abrège ainsi : 2e, troisième : 3e, etc. On ajoutera un s au pluriel. Primo, secundo, tertio deviennent 1o, 2o, 3o.


Voilà, j’ai tenté d’éclaircir et de rétablir quelques vérités. Je sais que ce n’est pas évident de respecter la vrai typographie française quand dans notre jeunesse nous écrivions nos dissertations à la main. Mais ce n’est pas aisé de nos jours non plus avec des systèmes informatiques venant pour la plus part du temps d’outre-atlantique et du monde anglo-saxon. Suivez mon regard vers Micro$oft. C’est la raison pour laquelle je suis d’autant plus content de mon clavier sous Linux.

P.-S.

  • Musique d’ambiance :

Notes

[1] En caractère d’imprimerie, une référence à un titre (film, livre, journal...) doit être en italique. En écriture manuelle, il doit être souligné.

[2] On écrira « 1res » au féminin pluriel.

5 Messages de forum

  • Article chiant 15 août 2009 13:46, par Efelle

    C’est sur que la lutte des guillemets, j’y ai renoncé depuis un moment. Selon le logiciel ou le lieu d’écriture, elle passe plus ou moins bien. Sans parler des copier coller de Word vers le blog, la mise en page devant étrange... Quant au majuscule accentué même avec ton exemple de clavier je ne les obtient pas non plus en écrivant dans cet espace que tu met à notre disposition.

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    • Article chiant 15 août 2009 17:16, par Laurent

      Mon exemple de clavier (l’image ci-dessus) ne fonctionne que sous Linux Ubuntu. Pour obtenir un É, il faut faire . La manip’ pour È ou À est similaire. Sous Windows, pour le É, il faut taper : <alt>+0201 sur le pavé numérique. Pour les guillemets sous Linux, c’est <alt gr>+<w> et <alt gr>+<x>. Sous Windows, il faut faire : <alt>+0171 et <alt>+0187.

      Ici, l’icône ci-dessus avec le petit clavier vous permet de zapper ces raccourcis claviers un peu fastidieux pour respecter les bonnes typos.

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      • Article chiant 17 août 2009 22:52, par Lulu

        Eh ben dis donc ! Vu tes racourcis à la mord-moi le noeud, je crois que je vais abondonner l’idée d’accentuer les MAJUSCULES... Moi aussi ça m’horripile de voir des « Mr » plein les courriers !!! Heureusement que tu précises que tu n’es pas en exemple de perfection en orthographe avant de donner des leçons :-P Tu aurais dû faire un quizz ça m’aurait bien amusée. J’avais relevé pas mal d’erreur sans lire tes réponses mais j’ai appris des trucs concernant les 1re, 2e, etc.

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  • Article chiant 22 août 2009 05:04, par Le Yann

    Pas si chiant que ça cet article, tu t’es un peu vanté là, non ?

    C’est plutôt intéressant de connaître les erreurs à éviter pour ne pas passer pour un boulet quand on rédige une missive importante, comme une lettre de motivation par exemple...

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  • Article chiant 23 août 2009 16:56, par Menelon

    Si le sujet vous intéresse, vous trouverez (en fouillant un peu) d’autres articles sur le même thème en lisant Langue sauce piquante, le blog des correcteurs du Monde.fr : http://correcteurs.blog.lemonde.fr/

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