Cinéma cinéma, tchi tcha !

, par  Laurent , popularité : 1%

Depuis le début de l’année, j’avais quelque peu laisser de côté les salles de cinéma pour les marathons de séries télé sur mon petit écran. Mais, une fois le filon épuisé il faut retrouver son dealer habituel. Ainsi, MK2 a retrouvé un de ses clients. J’ai vu récemment les gros succès de ce début d’année : Slumdog Millionaire, Gran Torino et Watchmen.

Sommaire

- Slumdog Millionnaire
- Gran Torino
- Watchmen


Slumdog Millionaire

Dans l’actuel Mumbai (ex-Bombay) un jeune homme à la situation modeste et originaire des bidonvilles (les slums) est sur le point de remporter, à la surprise générale, la version locale de « Qui veut gagner des millions ? ». Mais ce garçon triche-t-il ? D’où lui vient toutes les réponses ? C’est ce qu’il va devoir répondre pendant toute la durée du film à la police qui l’interroge. À l’aide de flashbacks appropriés, nous allons ainsi découvrir toute les épreuves durant l’enfance et l’adolescence que Jamal, ce chien des bidonvilles (slumdog), a du subir. Pour en arriver sur ce plateau de télé, le jeune garçon aura eu à affronter les pogroms anti-musulmans, la police corrompue, la mafia locale, les touristes et même son propre frère.

Ce film plein de clichés sur l’Inde moderne montre le parcours épique d’un petit garçon vers l’âge adulte. Très bien montée, très bien mise en valeur par une BO sublime, Danny Boyle réalisateur de Trainspoting, de La Plage et de 28 jours plus tard réussi le pari de raconter cette histoire rocambolesque à la fin forcément heureuse ; une forme de rêve indien (à défaut de rêve américain).

C’est effectivement un magnifique film, très beau, plein de vie et d’optimisme, mais qui aurait sûrement fait moins de tapage s’il ne comportait pas cette petite touche exotique d’avoir été tourné en Inde avec des acteurs Indiens. Le clin d’œil final aux films de Bollywood en atteste. Car en fin de compte, cette histoire pourrait être transposable n’importe où.

Ainsi, malgré le plaisir que j’ai eu à voir ce film, j’ai l’impression amère que le contexte qui a été choisi pour ce film sont similaires aux raisons qu’on les petits mendiants du bidonville de l’histoire en utilisant des bébés ou un handicap. C’est à dire d’apitoyer.

Gran Torino

Walt Kowalski (Clint Eastwood) est un ancien retraité des usines Ford. Sa santé est vacillante et il vient de perdre sa femme. Il éprouve des difficultés pour communiquer avec ses enfants et ses petits enfants. Il habite un quartier qui est en train de se ghettoïser avec l’arrivée massive d’une communauté d’asiatiques pauvres. Kowalski, ancien de la guerre de Corée, a du mal à se faire à cette solitude et à son nouveau voisinage. Son seul plaisir est de bichonner sa Ford Gran Torino 1972, sa seule vrai richesse. Jusqu’au jour où il va sauver ses nouveaux voisins du harcèlement d’un gang du quartier.

Voici là révélation cinéma de ce début d’année ! Du grand Clint Eastwood.

Nous sommes en présence d’un film émouvant, humain et réaliste. Toutefois, il s’agit également d’un western moderne. Tous les codes y sont : le héros est un justicier seul qui va s’opposer à une bande de malfrats qui sème le trouble dans le voisinage. « Ce quartier est trop petit pour nous deux » pourrait être une des répliques du film. Clint Eastwood un en plein dans son emploi. Il joue le rôle qu’il a toujours tenu dans ses films de cowboys. Mais jusqu’à un certain point seulement. Car la fin époustouflante renverse la vapeur et joue le contre emploi. Elle nous confirme que le héros ne peut se faire justice tout seul. La loi du Talion ne marche pas dans la vrai vie et il faut trouver une fin au cycle des vendettas. Ici, la fin grandiose de Kowalski, nous indique que c’est le sacrifice et la rédemption qui font les vrais héros et que la vengeance n’est pas la justice. Une belle « Mort du Cygne » en apothéose pour le grand Clint Eastwood qui confirme son talent.

C’est pour ce genre de films que j’aime le cinéma. Voici un film qui finira sûrement dans mon top 5 des films de 2009.

Watchmen

En l’an 1985 uchronique, Nixon est toujours président des États-Unis. Il vient de gagner la guerre du Vietnam et la tension monte contre l’URSS qui se masse aux frontières de l’Afghanistan. Pendant ce temps, le « Comédien », un ancien vengeur masqué retraité est assassiné chez lui. Rorschach un de ses anciens partenaire va enquêter sur ce meurtre et va rendre visite à tous les anciens « super-héros » pour les mettre en garde. De super-héros, ils n’ont que le nom. Se sont des gens ordinaires super-entrainés qui profitent de l’anonymat de costumes de carnaval pour se faire justice tout seuls. Seul le Docteur Manhattan, résultat d’une expérience scientifique ratée à la Hulk possède réellement des superpouvoirs.

Après 300, le réalisateur Zack Snyder est devenu le spécialiste de l’adaptation de comics au cinéma. Sans acteurs connus, il réussi encore le pari une mise en scène de qualité et fidèle à la BD originale. De plus, le parti pris parodique et l’histoire justifiant l’existence des super-héros détourne les codes habituels de ce genre de films. Des références à Hulk, Batman ou Spiderman (et peut-être d’autres, car je ne suis pas expert) enrichissent l’histoire.

Nous avons affaire à une intrigue dense et léchée et à une mise en scène pointue. Bien que l’abus du « fond vert », d’images de synthèses et d’effets spéciaux numériques commencent à lasser à force et n’impressionnent plus autant qu’il y a quelques années. Certaines scènes (je pense à celles sur Mars) étaient inutiles et un peu de sobriété n’aurait pas fait de mal. La BO, quant à elle, reprend les standards en vogue en 1985.

Ce film, c’est 2 heures 45 d’une vraie saga peuplée de personnages fouillés et torturés, parsemée d’un peu d’humour et de critique sociale. C’est bourré de références au genre dont il s’inspire tout en s’en démarquant. Ici, point de manichéisme, les gentils ne sont pas tous gentils. Et les méchants ne sont pas forcément méchants dans le fond. Tout le monde se pose des questions existentielles, mais au final la fin justifie les moyens et tout le monde est content... ou mort. Une fin qui justement tente de prendre à contre-pied les clichés du genre (et parfois de manière peu subtile : « vous me prenez pour un grand méchant de BD ? »). Je n’ai pas lu la BD dont le film est adapté, mais il semble qu’il y aurait eu assez de matière pour en faire une vrai trilogie et nous épargner les quelques longueurs de ce film.

En bref, voici un film agréable, qui se laisse voir. Toutefois, à choisir, les deux films cités au dessus seraient à voir en priorité.