Cinéma cinéma, tchi tcha !

, par  Laurent , popularité : 1%

Je remarque que quand j’aime bien un film, je reste plutôt concis alors que j’aimerais faire partager mon enthousiasme afin de vous donner envie de le voir sans en révéler trop de l’intrigue. Et ça, j’ai du mal.

Alors que quand un film me laisse une impression plus mitigée, j’ai tendance à m’étendre beaucoup plus pour justifier mon avis. Ce qui n’est pas logique, car on ne devrait passer sur ce qu’on n’aime pas et parler de ce qu’on aime. Voici un exemple de ce cas de figure dans cet article où j’aborde The Chaser et La journée de la jupe.


- The Chaser
- La journée de la jupe

The Chaser

Joong-ho Eom est un ancien flic devenu proxénète. Il voit ses filles disparaitre les unes après les autres. Il croit alors qu’elles se font enlever par un concurrent qui veut les revendre sur un autre réseau. Ses anciens réflexes de policier remontent alors à la surface et il va mener une véritable enquête policière pour retrouver ses filles. C’est ainsi que notre proxénète va découvrir qu’un tueur en série sévit dans les ruelles résidentielles de Séoul. Réussira-t-il à sauver la belle Mi-jin Kim, sa dernière prostituée enlevée, à temps ?


Décidément, c’est bien du côté de l’Asie qu’il faut chercher pour trouver des vrais bon polars de nos jours. Voici un genre que nous ne savons plus faire de notre côté de l’hémisphère. Parait-il qu’un remake serait en production aux États-Unis.

The Chaser est un thriller haletant et palpitant. Une pure merveille d’ingéniosité qui bat en brèche tous les clichés du genre. Une réussite. Je crois que je tiens un autre film qui terminera au top 5 cette année.

En tout cas, ce film me donne une idée d’article à venir. Si j’arrive à en avoir le temps, je proposerai d’ici peu une forme de dossier sur les polars cinématographiques asiatiques qui m’ont marqués ces derniers temps.

La journée de la jupe

Une prof de collège de banlieue un peu dépassée par les évènements ramasse une arme à feu malencontreusement tombée par terre lors d’une altercation entre deux élèves. Profitant de son tout nouveau pouvoir de persuasion sur les élèves, elle décide de faire enfin cours dans le calme avec des élèves studieux et obéissants. Toutefois le proviseur croit qu’un élève vient de prendre la classe en otage et appelle le RAID.


Jean-Paul Lilienfeld, le réalisateur de comédies comme Quatre garçons pleins d’avenir change de genre en nous proposant un petit film dramatique bien mené, avec un peu de suspense et de tension, comprenant des répliques bien senties notamment dans la bouche des autres profs. Ce film possède chouĩa d’humour et une Isabelle Adjani qui pour son énième come-back en fait des tonnes tout en restant plutôt convaincante. Pour une fois, elle semble descendre de son piédestal et être plus humaine. La journée de la jupe dénonce les difficultés de l’intégration et de la laïcité dans certains milieux sensibles. Il s’agit d’un petit film qui peut se regarder.

Toutefois, je ne peux pas m’empêcher de ressentir un relent nauséabond à la vue de ce film. Avec un discours un peu réac sur la pédagogie et le système éducatif, on nous décrit un collège sensible, touché par la délinquance, le deal et la misogynie. Bien sûr, tous les élèves sont musulmans et d’origine africaines dont les représentants mâle sont adeptes des « tournantes » et dont les filles toutes sages s’habillent comme des sacs pour ne pas être emmerdées.

Décidément, ce collège cumule les handicaps et les clichés. J’ose croire que ce type d’établissement n’existe pas dans la nature. Ainsi, dans ce monde merveilleux, la prof forcenée et armée passe pour la voix de la raison et de la sagesse. C’est sûr, tout le monde sait que c’est sous la menace d’une arme qu’on peu vraiment aprécier Molière. De plus, cette femme prône comme un sacrosaint droit féministe celui de porter la jupe, oubliant au passage que pendant un siècle et demi, les féministes revendiquaient d’avoir le droit de porter le pantalon. Bref, derrière l’intention louable de promouvoir les bienfaits de la laïcité et du respect des femmes [1], j’ai plutôt l’impression que se cache un discours moralisateur, xénophobe, frontiste et réac.

[1Je souligne que j’en suis un fervent partisan.