Cinéma, cinéma, tchi tcha

, par  Laurent , popularité : 2%

Voici un aperçu des derniers films vu dernièrement et dont je n’ai pas eu le temps de parler ici. En vrac : Lucky Luke, Le Vilain, Clones...

Ça me permettra d’ici quelques semaines de vous livrer mon top 5 de 2009.

Sommaire

- Lucky Luke

- Le vilain

- Clones

Lucky Luke

Lucky Luke (Jean Dujardin) est engagé par le présidentiable Ulysse Grant (André Oumansky) et le Gouverneur Cooper (Jean-François Balmer) pour pacifier Daisy Town, sa ville natale, alors pleine de hors-la-loi. Et oui, Daisy Town, c’est là que se fera la jonction entre les deux lignes de chemin de fer permettant de relier la côte est à la côte ouest. Mais en attendant, Pat Poker (Daniel Prévost) y fait régner sa loi.

Il y a des comédies sympathiques et sans prétention qui m’ont bien fait rire comme Serial Lover. Il y a des comédies qui m’ont fait lever un sourcil, symptôme élevé d’hébétude et d’étonnement face à un film qui m’a laisser froid, mais je crois qu’il aurait pu être bien pire, comme Brice de Nice. Et il y a les comédies que je ne suis même pas aller voir tellement la bande annonce les présentait comme les pires bouses possibles, comme Hellphone. Les trois exemples ci-dessus sont du même réalisateur, James Huth.

Donc, avec son Lucky Luke, on aurait pu s’attendre à encore pire ! Ben non. Enfin, un bon divertissement familial qui n’est pas vulgaire et qui ne prend pas ses spectateurs pour des neuneux. À part quelques gros gags aux raz des pâquerettes et largement dispensables [1], James Huth signe ici une comédie qui respecte la bande dessinée tout en ajoutant une certaine profondeur au personnage, en nous dévoilant son passé.

Les personnages secondaires marqués donnent un bon contrepoids au côté trop lisse du héros. Sylvie Testut est excellente dans le rôle de Calamity Jane. Par contre, Michaël Youn a un côté horripilant. C’est un autre point négatif du film, mais son personnage est là uniquement pour plaire aux enfants. En fin, James Huth se fait plaisir en parodiant les grands du Western et aussi Robert Rodriguez et son Desperados.

En bref : Un bon petit film, une très bonne adaptation si on ne cherche pas midi à quatorze heure et dont la fin m’a rappelé le meilleur de la série Les mystères de l’Ouest.

Le Vilain

Une charmante vieille dame (Catherine Frot) a un don particulier. Elle est invulnérable. Il peut lui arriver les pire choses elle s’en tire toujours sans aucune égratignure. Un jour, son fils (Albert Dupontel) fuyant des truands qui veulent le tuer, revient à la maison. Elle découvre alors son secret : derrière l’image d’un gentil garçon, son fils est en réalité un vrai vilain. Elle va alors tenter de réparer ses erreurs.

Albert Dupontel signe ici son quatrième film après Enfermé Dehors et l’un de ses professionnellement plus abouti. Certes, tout comme Micmac à tire-larigot qui joue dans la même catégorie, il s’agit d’une petite comédie sarcastique sans grande prétention. Mais que ce soit de Jean-Pierre Jeunet ou d’Albert Dupontel, on s’attendait à mieux. On a connu un Dupontel plus fou et plus provocateur. Là, c’est juste... gentil.

Quoi qu’il en soit, le film est très drôle. Que ce soit dans les répliques des protagonistes que dans les inventions machiavéliques du vilain.

Petite aparté : c’est le premier film dont je vois dans la bande annonce des scènes et des dialogues qui sont complètement absents du montage finale.

En bref : très bonne rare comédie française à qui il manque juste ce petit côté provoc qu’on connaissait à Dupontel.

Clones

Dans un monde où plus personne n’ose affronter l’extérieur, chacun vit sa vie par procuration. Chacun télécommande un « clone » de lui-même dans toutes les situations de la vie quotidienne. Ainsi, s’il t’arrive un accident, seul ton clone en subit les effets. Toi, tu es bien assis chez toi, dans ton fauteuil branché à tous les fils de la télécommande. Mais un jour, un petit malin invente une arme qui réussi à détruire le clone, mais aussi son propriétaire à distance.

Mais comment peut-on oser faire un film aussi ringard après Matrix ou Minority Report ?

Nous voici de retour dans les années 90 où s’enchaînaient les films de science-fiction à deux francs de l’époque [2]. C’était l’époque des films absurdes dans lesquels jouait souvent Schwarzie ou JCVD et où la SF était un prétexte à beaucoup d’action et peu de réflexion. Mais ici, il y en a même pas. Ou si peu.

Tout le sujet du film est une absurdité. On aurait pu se dire que c’est une allégorie sur les réalités virtuelles et les jeux en-ligne, avec son lot de nerds qui n’arrivent pas à se déconnecter et à vivre une vie sociale normale. Mais non, car les « clones » vous permettent tout simplement de vivre dans la vie réelle. En fait de clones, il s’agit en réalité de robots humanoïdes qui ne reproduisent même pas le physique de leur propriétaire. Étant donné qu’à l’instar des réalités virtuelles sus-citées rien n’interdit à quiconque d’avoir comme clone un modèle du sexe opposé. Pourquoi les appeler des « clones » alors ?

Une autre absurdité du scénario : ces robots permettent aux gens de vivre une vie « normale » en toute sécurité. Dans ce cas, pourquoi ne pas se servir de cette technologie pour travailler depuis chez soi et donc de ne pas avoir à sortir et à utiliser sa voiture ou les transports en commun plutôt que de faire comme avant mais en envoyant un robot ? J’ai ainsi du mal à saisir la cohérence économique de cet univers : les travailleurs utilisent des robots pour aller travailler et gagner leur vie. C’est fin ça. Vive le capitalisme !

Et dans tout ceci, ceux qui se rebellent contre le système vivent séparés dans des bidonvilles sous la houlette d’un gourou fanatique et manipulé. Si c’est l’image de l’activisme politique vu par les américains, bravo !

Et surtout, le plus ridicule, à la fin où une pirouette scénaristique permet au héros joué par Bruce Willis d’échapper au vrai choix éthique qui se pose à lui. Choix qui aurait pu donner une vrai profondeur au personnage. qui en manque sérieusement.

En bref : Film passable dont les incohérences et les absurdités plombent la morale de l’histoire. Il y en a une ?

[1On aurait pu se passer des gags de l’escargot écrasé ou des ongles longs dans les bottes.

[22 francs = 32 centimes d’euros de maintenant.