Comment remplir les 20 Go d’un baladeur mp3 ?

, par  Laurent , popularité : 4%

L’interopérabilité, ce n’est pas encore ça.

Avec les DRM, transvaser le contenu d’un CD-audio acheté légalement vers son baladeur mp3 [1] devient un vrai parcours du combattant.

Voici un exemple type avec le double « Best of » de la Mano Negra que j’ai acquis récemment.

L’objet

Une pochette hiéroglyphique

L’objet en question, c’est le CD Lo Mejor de la Mano Negra. Il se présente sous la forme d’un petit coffret jaune et ocre illustré de l’étoile rouge caractéristique ornée de la main ouverte noire. Il contient trois disques : un « best of » proprement dit, un « live » et un disque de bonus.

A l’ouverture du cellophane, la pochette arbore un logo bizarre. Un rond noire contenant un triangle blanc. Le motif se reproduisant concentriquement. Il est accompagné du texte en anglais « Content Protected ».

Sur le boîtier du disque, il est annoncé : compatible avec lecteur CD, FDVD, SACD, PC et Mac. Cool ! J’en demandais pas plus.

Par contre, pour le copier sur un PC, il y a un avertissement supplémentaire : PC Windows 2000 / XP avec IE 6+ et Windows Media Player 9+ ; ou MAC OS 8+. Quid de Win98, de Linux, de Firefox, de Winamp ?

Pour le copier sur un baladeur un avertissement indique : bon wma (DRM1000/v1.0), pas bon Ipod. Tiens donc ? Si j’ai un Ipod ou un baladeur strictement mp3, ça n’est pas possible ?

De plus, un avertissement supplémentaire indique : seulement 3 copies CD sont possibles.

J’ai ouvert Windows et inséré le CD.

Une lecture laborieuse

D’office, l’autorun se met en marche avec un programme en flash. Celui-ci m’impose d’accepter un contrat de licence [2]. Bon, comme j’ai acheté le produit, j’ai confiance et je clique sur « accepter ». Ainsi, la musique fût. Le CD m’impose un logiciel de lecture maison. Il me propose même de lui même de copier la musique sur mon PC voir de graver une copie sur un CD-R.

Ne voyant pas l’intérêt d’écouter la musique depuis le disque, j’effectue une copie : le logiciel lance d’office Windows Media Player (c’était à prévoir). Toutefois, ne m’en servant jamais, ma version du logiciel n’est pas à jour. Je dois faire une mise à jour via Internet [3].

En attendant, j’essais de copier le CD sur mon PC via d’autres moyens : iTune, me jette. Il n’a pas l’autorisation. RealPlayer me jette. Il n’a pas l’autorisation. Winamp me jette. Il n’arrive pas à retrouver les fichiers audio du CD. Ils sont bien obéissants ses logiciels. Je me tourne donc vers un logiciel libre : CDex. Celui-ci plante, il met trois plombe pour extraire un fichier alors que d’habitude il met 10 secondes. De plus, le fichier est illisible.

Damned.

Pendant ce temps, Windows Media Player me demande d’installer une multitude de logiciels louches copyrightés des sociétés diverses et variées destinées à la gestion de mes droits. Ça veut-il dire que je n’aurais pas besoin d’avocats ? Puis, il transvase simplement une série de .wma (format de fichiers audios de Windows) déjà présent sur la piste de données du CD.

Bien sur, impossible de copier les .wma sur mon baladeur mp3 qui ne sait pas les lire.

Problèmatique

Copier le CD au format .mp3

Bon, CDex plante. Window Media Player ne me permet que le wma. Comment faire pour pouvoir profiter de Mano Negra sur mon baladeur ?

Je décide de contourner le problème. Puisque pour simplement lire les morceaux avec Windows, il me faut une palanquée de logiciels de gestion des droits. Je vais essayer de le faire via Linux. Logiciel libre par excellence. Que va-t-il se passer ?

Ben... rien.

Je lance ma partition Linux. J’insère le CD, il le reconnait et lance la musique. Je décide de la copier : nickel. Le logiciel Grip me la transforme le .mp3 ou en .ogg [4] en deux coups de cuillère à pot. Pourquoi continuer à se faire ch... avec Windows ?

Peut-être parce que Linux ne reconnait pas encore mon baladeur mp3 du premier coup ?

Conclusion

Les DRM vérouillent toutes nos applications sous Windows. L’utilisation d’outils acquis légallements deviennent problèmatique. Où est la liberté là-dedans.

Donc, face à ces obstacles, le téléchargement massifs de fichiers facilement utilisables a encore de grands jours devant lui.

Et la fameuse DADVSI juste votée au Sénat ne va rien arranger du tout pour les consommateurs.

Seul le logiciel libre permet encore une alternative intéressante.

Voir en ligne : Stop DRM

Bon, en fait, il y a une solution à mon problème plus simple qu’utiliser Linux. Mais, je ne la trouve moins drôle : il suffit de graver une copie des fichiers sur un CD-RW au format CDA. Puis, de ripper ce CD à nouveau (non copyrighté) au format .mp3 sur le PC.

[1dont la redevance « support vierge » a été payée.

[2celui-ci se révèle impossible à lire dans le détaille car quand on passe la souris sur la barre de défilement, le texte saute d’une vingtaine de ligne immédiatement. C’est à dire plus que ce que le logiciel n’en affiche en une seule foi.

[3Encore heureux que je dispose d’une liaison à haut-débit.

[4format de fichier libre de droit, grand concurrent du .mp3 et courant dans le monde du logiciel libre.