Et si je racontais mon métier sur ce blog ?

, par  Laurent , popularité : 4%

Sur mon blog, je fais attention à ne pas parler de mon travail. J’élude le sujet et je supprime les commentaires qui seraient très explicite sur ce fait.

La plus part des lecteurs qui me connaissent savent quel métier j’exerce. Mais, je ne veux pas que le grand public qui viendrait ici par hasard le sache, même si un peu de perspicacité permettrait de le deviner assez aisément.

Vous aurez remarqué que pour accéder à des informations concernant mon travail, il faut un mot de passe.

Pourquoi ?

Il y a plusieurs raisons à ça :

- D’une part, j’ai, comme tous les employés de certaines boites, un devoir de réserve.

- Et d’autre part, je ne souhaites pas qu’on associe certaines excentricités de mon entourage de travail à l’image de la boite et à l’ensemble de mes collègues (nous sommes 170 000, quand même).

Effectivement si je dévoilais les dessous de mon travail, j’aurais beaucoup de choses à raconter. L’intérêt de ce blog en serait augmenté. D’un côté, je ne serais jamais à court de sujet à développer, jamais en panne d’inspiration. D’un autre côté certaines des infos que j’aurais à dévoiler seraient passionnantes et surprenantes pour le public. Il y a toujours des secrets de fabrication et des scandales dans les coulisses d’une boite comme la mienne. Et non pas des moindres.

Liberté d’expression

Si j’aborde ce sujet, c’est que d’autres que moi n’ont pas fait ce choix et ont décidé de braver leur devoir de réserve et d’expliquer les rouages de leur métier aux visiteurs de leur blog. A chaque fois, c’était des blogs très intéressants. Bien mal leur en à pris

Internet et les blogs ont révolutionné la liberté d’expression des simples quidams. Ils ont modifiés le rapport que nous avons face aux médias dominants. Par exemple, leur apport au débat sur le référendum sur la Constitution Européenne a influencé considérablement le résultat final.

Mais, cet âge d’or est fini. C’est l’hécatombe parmi les blogeurs qui utilisaient leur liberté d’expression pour raconter leur vie professionnelle difficile. En ce moment, la chasse est ouverte et les employeurs à l’affut de leurs collaborateurs un peu trop bavards.

Ça a commencé par l’excellent blog de Béréno : Journal d’un Inspecteur du travail , qui s’est fait remettre en place par son administration.

Puis ça a été au tour de Petit Anglaise, qui s’est carrément fait lourder par sa boite à cause de son blog alors qu’elle n’avait jamais nommément fait référence à son patron et à ses collègues.

Ce fut aussi le cas d’un Proviseur, qui a été révoqué à cause de son blog où il dévoilait son homosexualité.

Et dernièrement le très bon blog d’un prof de ZEP qui dérangeait son principal a été fermé.

Pourtant, chaque fois, les blogueurs prenaient soin de préserver l’anonymat de leur entourage professionnel ou de leurs affaires.

Et je suis sûr qu’il y a moult autres exemples. Avec la fermeture de ces blogs, nous assistons à encore un nouveau deuil pour la liberté d’expression.

Et avec tout ça, vous voudriez que je dévoile des choses croustillantes tirées de mon environnement de travail ?

Note au passage :

Pour France Télévision, si vous voulez garder votre taf, il vaut mieux dire que la bite des noirs est responsable de la famine en Afrique que de dire qu’on vote Bayrou. Super la déontologie !