La vague le film

, par  Laurent , popularité : 3%

Quand comme moi, on travaille souvent de nuit, que l’on se couche à l’heure où le soleil se lève et que l’on va travailler à l’heure où le soleil se couche ; on a l’impression de vivre en décalage avec le reste de la société. J’ai un avantage, je fais rarement la queue quand je fais mes courses et les salles de cinéma que je fréquente sont vides, donc je ne suis pas trop dérangé. D’ailleurs, je répugne de plus en plus à devoir sortir le samedi soir et me mélanger à la foule. C’est l’effet pervers du truc.

Mais ça veut dire aussi, qu’en travaillant en décalage, j’ai du temps pour remplir ce blog ou pour voir pas mal de films au cinéma. Ainsi, j’ai vu La Vague cette semaine.

La Vague

Dans un lycée allemand, Rainer Wenger (joué par Jürgen Vogel) est un prof plutôt cool, apprécié de ses élèves et qui ne cache pas sa déception de ne pas avoir été choisi pour présenter la théorie de l’Anarchisme lors de la « semaine thématique » du lycée. Au lieu de ça, c’est un autre professeur plus conventionnel et moins impliqué qui présente cette idéologie. Pour cette semaine thématique, il revient donc à Reiner la responsabilité d’enseigner à ses élèves ce qu’est l’Autocratie.

Alors, au cours d’un débat, quand ses élèves émettent des doutes sur la possibilité de voir revenir une dictature en Allemagne, celui-ci va mettre au point un scénario de manipulation pour leur démontrer le contraire. C’est ainsi que va se créer le mouvent La Vague. Die Welle en allemand. Les lycéens seront-ils dupes ? Et Rainer ne se prendra-t-il pas au jeu de la dictature ?

Not an other teen movie ? Si, voici un film pour ado plutôt sympathique mais qui contrairement à ceux que l’on a l’habitude de voir, ne met par en scène sous un jour festif et positif la superficialité et l’insouciance des rapports entre adolescents. Ici, l’insouciance de l’adolescence actuelle est au contraire gravement mise en défaut. Le film nous montre que l’adolescent est un être suffisamment superficiel et naïf pour être manipulable et manipulé. Sous les aspects d’un teen movie, se cache en réalité un film ayant une certaine vocation à être moralisateur et pédagogique, mais aussi à être un vrai drame dont tout le monde ne sortira pas indemne. Cette thèse est admirablement servi par l’acteur Jurgen Vogel jouant le personnage du professeur charismatique. Voici un film qui s’incrit dans une autre Nouvelle Vague, celle du cinéma Allemand qui avec Good Bye Lenin ou La vie des autres tente d’exorciser son trouble passé national.

La Vague serait inspirée d’une expérience réelle ayant eu lieu aux États-Unis en 1967. Ici, nous assistons à la démonstration du processus implacable de mise en place d’une dictature, celle qui mène au culte de la personnalité et aux visions totalitaires. Comment expliquer que les masses puissent adhérer aussi facilement au fascisme ? Le film va tenter de le démontrer. C’est fascinant et ça met mal à l’aise. Toutefois, une fois sur les rails le film ne révèlera sans réelle surprise tellement il est prévisible et même un peu trop lourdement démonstratif. Des défauts mais qui n’empêchent pas La Vague de nous permettre de passer tout de même un bon moment de cinéma.