Point de vue ciné, j’ai de la chance

, par  Laurent , popularité : 2%

Hier, j’ai profité du printemps du cinéma pour aller voir Renaissance au MK2 pas loin de chez moi. Et je dois dire que ce film est une réussite.

Décidément, en ce début d’année, j’ai de la chance point de vue ciné. J’ai réussi à éviter les navets et autre daubes.

Voici donc un petit récapitulatif des films que j’ai vu depuis janvier et que je vous conseille d’aller voir s’ils passent encore.


- Lord of Ward

Le film est réalisé par Andrew Niccol, le réalisateur de Bienvenue à Gattaca et Simone. C’est donc un gage de qualité. Mais, c’est Nicolas Cage qui a le rôle titre. Je n’aime pas trop cet acteur avec sa tronche de pas réveillé perpétuel. Toutefois, le propos de ce film est plutôt surprenant venant d’hollywood. On ne peut pas dire que Nicolas y joue le rôle d’un héros positif. Il joue celui d’un trafiquant d’arme. En effet, le film relate la vie d’un trafiquant d’arme depuis ses débuts jusqu’à nos jours.

L’intérêt du film est la mise valeur du lien entre les trafiquants d’arme et le pouvoir politique. Un film fort et dérangeant. Toutefois - et c’est mon bémol - ce film est un peu trop caricaturale. Notamment, dans sa représentation des guerres civiles africaines. De plus, les films dont je vais parler ci-dessous et sortis juste après Munich et Syriana, coiffent Lord of War au poteau quand aux partis pris scénaristiques des réalisateurs.

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- Munich

Le dernier Steven Spielberg fait parti de ses films avec. Spielberg, aime le cinéma et l’“entertainment”, le divertissement. Ces films comme ET, Jaws, 1941, Indiana Jones... le prouvent. Mais, il aime aussi les films plus graves : La Couleur pourpre, La Liste Shindler, Amistad... Malheureusement, il fait aussi des films de commande. Et ceux-ci sont souvent des grosses m... (Je ne vous parlerais pas de La Guerre des Mondes).

Munich est un film qui fait parti de la deuxième catégorie. Celui des films graves. Toutefois, il possède une grande qualité que les autres n’ont pas : c’est le moins hollywoodien des films de Steven Spielberg. Le moins larmoyant. C’est aussi le plus ambiguë. Ici, à travers l’adaptation du roman Vengeance, Spielberg livre indirectement son sentiment sur la politique étrangère de son pays. Après des traces très diluées dans La Guerre des Mondes, Spielberg plus dans le vif de la polémique à l’aide d’un casting très européen.

Ici, il est question de l’attentat pendant les Jeux Olympiques de Munich de 1972. Le Mossad décide de se venger et organise des attentats contre les instigateurs supposés du coup de Munich. Le film relate le cheminement mental de la cellule chargée de débusquer et de tuer les chefs palestiniens basés en Europe. Qu’est ce qui les différencie des terroristes qui ont organisé la prise d’otage de Munich ? Un grand film.

Mon bémol : ce film est très réaliste on s’y croirait. Il y est même indiqué : “basé sur des faits réels”. C’est vrai, l’attentat de Munich, puis tous les protagonistes palestiniens assassinés ont vraiment existés. Malheureusement, ce film est une fiction. Toute l’histoire du côté Mossad est fausse, elle tirée d’un roman. La réalité, pour la connaître, il faudra attendre la dé-classification des documents israéliens. Or, le film nous laisse croire qu’il s’agit de la réalité.

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- Le chien jaune de Mongolie

Voici encore un de mes coup de coeur de l’hiver. Aux antipodes des autres films présentés sur cette page. Car, dans celui-ci, l’ambiance est nettement plus zen et l’approche, plus documentaire.

Une petite fille mongole de six ans, rentre de la ville où elle va à l’école, pour retrouver la yourte de ses parents éleveurs nomades. Ceux-ci viennent de subir l’attaque des loups. Durant ces “vacances scolaires”, la petite fille va aider ses parents dans les tâches quotidiennes de la famille. Alors qu’elle est envoyée par sa mère ramasser des bouses sèches pour le feu, elle trouve dans une grotte un chien jaune errant. C’est le coup de foudre, et elle décide de le ramener au campement. Mais son père n’est pas de cet avis, car il croit que le chien errant fréquente les loups et pourrait devenir dangereux en les attirant. Il ordonne donc à sa fille de se débarrasser de lui dans la plaine. Mais, la petite fille est très têtue.

L’intrigue de ce film sert de prétexte à un panorama de la vie de tous les jours, des us et coutumes dans une famille mongole. Voici une oeuvre complètement dépaysante qui accentue le contraste entre la vie moderne et la vie traditionnelle de ces nomades. Il est amusant d’entendre la petite fille raconter ce qu’elle a vue à ses frères et soeurs : « A la ville, ils assemblent les yourtes les unes au-dessus des autres ». Ou encore : « A la ville il font pipi à l’intérieur des maisons ». Mais, ne vous trompez pas, il y a une vraie histoire dans ce film. Une histoire d’amour entre ce chien est cette petite fille et on tremble vraiment pour les deux.

J’ai vu ce film en VO (version mongole sous titré français). Il y avait dans la salle une foule de gamins en bas âges. Ils se sont tous tenus tranquilles pendant tout le film malgré les sous-titres ! Ils étaient fascinés par les images et les aventures de cette gamine de six ans. Ainsi, je conseille ce film à tout le monde. Aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Il est claire que c’est beaucoup mieux que du Disney.

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- Syriana

Revenons à un registre plus polémique à l’instar de Lord of War ou de Munich. A croire que c’est la mode de ce genre de films en ce moment. Ou Hollywood contre Georges W. Bush ? Et encore, je n’ai pas encore vu Good Night and Good luck qui, parait-il, est aussi un petit pamphlet caché de la politique du gouvernement américain actuel.

En tout cas, cela faisait bien longtemps que Hollywood ne faisait plus que des films pour décérébrés. Espèrons que cette mode restera présente un peu de temps.

Syriana nous relate plusieurs histoires qui s’entremèlent. Un peu à la manière de Traffic de Soderberg qui a été scénarisé par les mêmes auteurs. Ici, on nous montre plusieurs niveau de pouvoirs, dans plusieurs pays différents. Ce film veut être une synthèse des différents points de vue de l’exploitation du pétrole et des conséquences qu’il implique.

Un espion de la CIA, Georges Clooney, vend un lance-roquettes à une organisation terroriste islamiste alors qu’il les prenaient pour quelqu’un d’autre. Un avocat enquête sur une OPA troublante qui a eu lieu dans les milieux pétroliers texans et qui fleure bon le délit d’initié. Deux jeunes pakistanais se font licencier par la compagnie pétrolière sus-cité dans un pays du golf. Un jeune conseiller financier américain va tenter de ventre les services de sa société de Suisse à un riche héritier arabe... C’est à travers le parcours de tous ces gens que l’on aborde l’épineux problème de la dépendance des Etats Unis vis-à-vis de l’or noir et des implications politiques de cette dépendance. Pour faire simple : ce film nous apprend comment se fabriquent des terroristes.

Un grand film !

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- Renaissance

Et enfin, hier, j’ai vu Renaissance. Un film d’animation en noir et blanc de réalisation française incroyable. Dans le style et le thème abordé, la réalisation est magistrale et n’a rien à envier avec les films d’animation japonais. Renaissance leur emprunpte beaucoup d’ailleurs. Et les références faites au genre sont légions dans le film. Celui-ci emprunpte également beaucoup d’éléments à la BD franco-européenne et à toute une génération de polars noir.

Dans un Paris du futur représenté en noir et blanc hyper contrasté , une scientifique, Ilona, est enlevée. Elle travaillait sur une maladie de dégénérescence rapide qui touche les enfants, la progéria. Karas, le chef d’équipe d’une brigade de flics, la section K, est mis sur l’affaire.

Enfin, un bon film de SF français ? Avec un scénario pas trop débile ? Oui, tout à fait. On ajoutera aussi des décors fabuleux et inventifs, et une action assez sympa. Je vote pour.

Mon bémol : les placements produits. Même dans les dessins animés, maintenant, on te fait de la pub pour citroën, la FNAC ou Coca Cola. Ca énerve.

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