Treponem PAL

vendredi 7 août 2009, par Laurent

Voici ma PAL (pile à lire). Je sais, elle est moins impressionnante que celle d’Efelle. Mais, j’ai une cadence de lecture bien moins importante que lui et j’avoue que je réfrène énormément mes tentations quand je suis dans un magasin comme la FNAC. Parfois, je me laisse tenter, et ma pile contient systématiquement suffisamment de livres pour me permettre d’avoir de quoi lire pour les trois ou quatre mois avenir.

Je profite également de cet article pour vous livrer mes impressions sur mes dernières lectures.

Sommaire :

Pile À Lire

Voici donc l’état de ma PAL :

Si vous avez quelque avis sur l’un de ces bouquins, n’hésitez pas à en faire part dans le forum de l’article ci-dessous.

Ça fait longtemps que je pense qu’à l’instar d’Efelle je pourrais agrémenter mon blog d’avis sur mes lectures, comme je le fais de temps en temps sur le cinéma. Mais je ne lis pas forcément que des nouveautés, ou bien elles sont souvent lu avec plusieurs mois, voir plusieurs années de retard par rapport à leur parution. Ce qui limite l’intérêt de l’article.

Il est vrai que durant mon jeune temps, j’avais un débit de lecture beaucoup plus élevé que maintenant. C’était du temps où Internet n’existait pas encore et où la télé n’avait que cinq chaînes. Quand je suis chez moi, Internet occupe un espace toujours plus large. Et devient le média de premier plan. Ce blog en est la preuve. À l’époque comme maintenant, j’ai toujours eu tendance à lire tout ce qui me tombait sous la main. Et maintenant, ma PAL s’allonge à mon grand regret, alors que je ma fidélité à de multiples blogs, réseaux sociaux et sites d’actualité augmente également régulièrement.

Mais j’arrive à trouver du temps pour la lecture, la vraie, et voici donc un état critique de mes lectures récentes.

Dale Furutani

Voici un auteur américain d’origine japonaise, qui a écrit une trilogie qui vient de paraître en coffret. L’intrigue des livres se déroule au Japon au tout début de l’Ère Meiji quelques années après la bataille de Sekigahara qui a vu l’unification du pays par le Shogun Tokugawa.

Manase : – Vous n’avez pas entendu l’histoire qui se raconte depuis peu pour décrire le caractère des trois derniers souverains du Japon ?
 
Kaze : – Non.
 
Manase : – Elle est vraiment assez amusante. Nobunaga-sama, Hideyoshi-sama et Tokugawa-sama sont en train de regarder un oiseau sur une branche et ils voudraient le voir à terre. « Moi, je vais le tuer, annonce Nobunaga-sama, ça le fera tomber par terre. » « Moi, je vais lui parler, déclare Hideyoshi-sama, et le convaincre de descendre. » « Et moi, dit Tokugawa-sama, je vais m’asseoir et attendre que l’oiseau ait envie de descendre de lui-même. »
 

Je n’ai lu que les deux premiers tomes, La promesse du samouraï  [1] et Vengeance au palais de Jade  [2] le dernier Menaces sur le Shogun [3] se trouve encore sur ma PAL. Ces romans relatent l’histoire d’un ronin, un samouraï errant jeté sur les routes après la défaite de son seigneur à Sekigahara, du nom de Matsuyama Kaze. Celui-ci va dans chacun des romans se trouver mêlé à une intrigue politico-judiciaire.

Fouillant dans sa manche, Kaze en tira de l’argent emballé dans du papier. Il prit quatre pièces d’or oblongues et en mit deux dans les paumes ouvertes de chaque paysan stupéfait. [...]
 
Il s’éloigna. À peine avait-il fait quelques pas que Goro et Hanzo le rattrapaient en courant. Tombant à genoux, ils touchèrent la terre de leur front, les mains de chaque côté de la tête et s’écrièrent :
 
– Merci, samouraï-san ! Merci, merci !
 
– Relevez-vous. Ne soyez-pas vils ! Je ne vous ai donné que de l’or, pas quelque chose qui ait vraiment de la valeur.
 

Ces romans sont très agréables à lire. Une bonne idée de roman de plage. Mais ce que j’ai apprécié, c’est l’esprit « samouraï » avec ce mélange de philosophie zen et de code du bushido. Ces éléments sont très présent dans le texte et ça m’a tout de suite rappelé la très bonne biographie romancée de Miyamoto Musashi : La Parfaite lumière et La Pierre et le sabre de Yoshikawa Eiji. J’ai vu dans le personnage de Matsuyama Kaze beaucoup de Mifune Toshiro dans son rôle de Yojimbo filmés par Kurosawa Akira ou d’autres.

La promesse du samouraïVengeance au palais de Jade

En résumé, voici une bonne série de romans qui fera plaisir à tous ceux qui ont envie de découvrir de manière légère l’histoire et la philosophie japonaise.

Thomas Day

Thomas Day est à la littérature de genre française ce que Tarantino est au cinéma Hollywoodien. Ses romans sont bourrés de références, d’humour et d’irrévérence.

J’avais beaucoup apprécié La Voie du sabre (dans l’esprit des romans ci-dessus), L’École des assassins (inspiré des mangas et des wu xia pian), Nous rêvions d’Amérique (un peu polémique sur la politique américaine), etc. Bref, j’avais beaucoup aimé tous ses romans sortis entre 2001 et 2003. Puis, plus récemment, j’ai senti un changement dans le style de Thomas Day qui me rendait moins enthousiaste à la lecture de ces romans.

Le Trône d’ébène, son avant-dernier roman sur la vie de Shaka Zulu, que j’avais d’ailleurs lu juste avant de partir en Afrique du Sud l’année dernière, m’avait laissé dubitatif. Ce roman n’était qu’une suite de faits d’armes et d’événements, mais manquait d’âme. Ce que j’avais trouvé dommage alors que le concept d’incorporer la vie de cet ancien roi des Zulus dans un contexte fantastique était prometteur. Fouiller un peu dans la psychologie du personnage et détailler ses sentiments n’aurait pas été un mal.

Pour être clair, j’étais de plus en plus déçu par ce que pouvait présenter Thomas Day à son public. Et son denier roman n’a pas fait exception à la règle. Les commentaires plutôt favorables des lecteurs du blog d’Efelle ne m’ont pas fait changer d’avis. Car je n’ai pas trouvé dans La maison aux fenêtres de papier , le dernier roman en date de cet auteur le plaisir que j’avais eu en lisant ses premiers romans. J’ai à faire à ce roman presque les mêmes reproches qu’au Trône d’ébène.

La maison aux fenêtres de papier

La maison aux fenêtres de papier raconte l’histoire de Sadako une femme-panthère adoptée par Nagasaki Oni, un boss de la mafia japonaise qui a la particularité d’être mi-homme mi-démon. Le récit est entrecoupé par de fausses légendes khmers expliquant l’origine des artefacts utilisés par les personnages du roman. Si ces légendes sont sympathiques, j’ai moins apprécié le mélange hétéroclite de cette histoire de yakuza inspiré de kill Bill de Tarantino avec cette histoire de démons pervers et brutaux. Nous sommes très loin ici du souffle épique de La voie du sabre ou de l’ambiance moite et envoûtante du Triangle d’Or de La Cité des crânes. Bref, bien qu’il ne soit pas inintéressant, j’ai pensé que La maison aux fenêtres de papier n’était pas le meilleur Thomas Day.

Heureusement j’ai fais l’acquisition de This is not America , un recueil de trois nouvelles de Thomas Day. Ce petit livre m’a un peu réconcilié avec cet auteur, même si les nouvelles datent un peu. Il compile trois nouvelles dont une que j’avais déjà lu dans la revue Bifrost. Les trois nouvelles se passent dans des États-Unis parallèles, comme l’indique le titre. Vous voyagerez avec les plaines américaines avec les vrais assassins de JFK ou avec un préteur sur gage sous acide entre Los Angeles et l’Alaska. Tout est plein d’humour, bien écrit et complètement déjanté ; c’est tout ce que j’aime.

This is not America

Ainsi, il serait temps que Thomas Day retrouve sa fouge d’antan, qu’il ne cède plus à la facilité et qu’il mette son immense talent au service d’œuvres plus fouillées et/ou plus ambitieuses.

Xavier Bruce

Je ne connaissais pas cet auteur, le sujet semblait différent de la soupe habituelle et il avait de bonnes critiques dans Bifrost. Évidemment, j’aurais du me méfier, car la revue Bifrost est éditée par le même éditeur que Incarnations .

This is not America

Un vieux réalisateur sado-maso de film gore organise une espèce de télé-réalité dans une boucherie industrielle désaffectée d’Ozoir-la-Ferrière. Pour ça, il réuni une équipe de « bioacteurs » névrosés pour les manipuler. L’idée est sympa. L’action commence comme un slasher. Ça se lit bien et on s’imagine avoir à faire à un vrai thriller à l’américaine. Mais cette impression passe vite tant on a l’impression d’être autant manipulé que les personnages du bouquin. Seulement, le lecteur qui n’est pas aussi névrosé qu’eux commence à s’ennuyer ferme et veut passer à autre chose. D’autant que toute l’intrigue retombe comme une crêpe aux dernières lignes du roman.

Ma conclusion est que si ce livre se lit vite, on peut faire l’impasse sans état d’âme.

P.-S.

  • Musique d’ambiance :

Notes

[1] En VO : Death at the crossroads.

[2] En VO : Jade palace vendetta.

[3] En VO : Kill the Shogun.

6 Messages de forum

  • Treponem PAL 7 août 2009 08:48, par Efelle

    Au moins ta pile est adaptée à ton rythme de lecture et ne t’encombre pas. La mienne a explosé avec mon exploration de sites et blog littéraires. Paradoxalement, mon utilisation d’internet me pousse à lire plus et acheter encore plus.

    Je viendrai un jour à Dale Furutani, ça semble bien sympathique... (Misère comme je l’ai écrit juste au dessus).

    Concernant Day, je suis d’accord sur le côté pur défouloir de la Maison aux fenêtres de papiers. Par contre pour Le Trône d’Ebène, j’y ai trouvé une ambiance intéressante et la personnalité de Shaka m’a semblé bien amenée, même si cela rappelle assez Oedipe.

    Pour Incarnations dès que j’en entendu le mot « slasher » j’ai fui. Sinon parmi les différents critiques écrivant dans Bifrost tu dois bien avoir fini par avoir un feeling sur leurs goûts et connaître ceux dont les avis se rapprochent le plus des tiens, non ?

    Quant au copinage... Non que vas tu imaginer, voyons... ;)

    Concernant tes lectures récentes de livres parus depuis Mathusalem, je ne vois pas pourquoi elles ne présenteraient pas d’intérêt.

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    • Treponem PAL 7 août 2009 14:28, par Laurent

      Ma PAL ne m’encombre pas, c’est ma PDL (pile déjà lue) qui commence à envahir mes étagère et de multiples boites à chaussures de ma cave. Un jour, je vais me décider à tout céder.

      Internet est un gros responsable mais n’est pas l’unique raison de la baisse de fréquence de mes lectures. D’une part, je lis beaucoup moins dans les transports en commun qu’avant, car j’y reste moins de temps. (P**t**n de journal 20 minutes). Les journaux, les magazines, les DVD, les DivX, les copains... prennent pas mal de temps aussi. Mais surtout j’ai des horaires de travail qui font qu’à certaines périodes, une activité statique comme la lecture me fait piquer du nez plus qu’elle ne m’enthousiasme.

      Le Trône d’ébène est un livre sympathique. Ce que je lui reprochais, c’était une certaine distance avec les faits et avec le personnage principal. J’ai parfois eu l’impression de lire plus un historique qu’un roman. Mais je recommande quand même.

      À noter que je viens de rajouter dans ma PAL : Voyage à motocyclette de Ernesto Guevara qui avait inspiré le film : Carnet de voyage.

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      • Treponem PAL 7 août 2009 15:24, par Efelle

        Les cartons de couches (par 100) c’est super pratique pour ranger les livres à la cave, tu devrais en récupérer auprès de ta soeur.

        Mon temps de transport est responsable de mes cadences de lecture infernales.

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      • Treponem PAL 13 août 2009 12:16, par Florian

        Pas mal du tout le concept de PAL ... il faudra que je t’envoie une photo.
        Je pense sérieusement avoir à peu près 18 mois de facture devant moi, donc je n’achète plus.

        J’aime beaucoup la Collection 10/18 Grands Détectives et particulièrement une série « Nicolas Le Floch » qui se passe de 1750 (Louis XV) à 1794 (Louis XVI). Une jolie description de la société Parisienne, de la cour, de Paris et de son aménagement et on y parle aussi de gastronomie !

        Pas mal, la PAL d’Efelle, j’ai noté de bonnes références sur une petite collection qui monte pour les fans d’histoire Tempus (Le poche « low cost » des Ed. Perrin).

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        • Treponem PAL 17 août 2009 22:30, par Lulu

          Fa a lu toute la série des Nicolas Le Floch et a bien apprécié. Des polars qui sortent de l’ordinaire. L’adaptation télé était nulle en revanche.

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  • Treponem PAL 17 août 2009 20:49, par Lulu

    Ca c’est une grande et bonne idée !! Je n’ai jamais lu autant que toi et depuis quelques mois, je n’ai absoluement plus le temps de lire du tout. Ah ! les joies de la maternité gemmelaire je présume :-/ . Et puis lire pendant mes trajets boulot /dodo me paraît assez difficile du fait que mon transport en commun c’est ma voiture. Du coup tes résumés et critiques me donnent un petit aperçu de ta littérature.

    Pour ce qui est du stockage, je peux te fournir autant de cartons de 108 couches que tu veux : je croule dessous...

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