Treponem PAL

, par  Laurent , popularité : 2%

Voici ma PAL (pile à lire). Je sais, elle est moins impressionnante que celle d’Efelle. Mais, j’ai une cadence de lecture bien moins importante que lui et j’avoue que je réfrène énormément mes tentations quand je suis dans un magasin comme la FNAC. Parfois, je me laisse tenter, et ma pile contient systématiquement suffisamment de livres pour me permettre d’avoir de quoi lire pour les trois ou quatre mois avenir.

Je profite également de cet article pour vous livrer mes impressions sur mes dernières lectures.



{{Sommaire :}}
- Ma PAL
- Dale Furutani
- Thomas Day
- Xavier Bruce



Pile À Lire

Voici donc l’état de ma PAL :

Si vous avez quelque avis sur l’un de ces bouquins, n’hésitez pas à en faire part dans le forum de l’article ci-dessous.

Ça fait longtemps que je pense qu’à l’instar d’Efelle je pourrais agrémenter mon blog d’avis sur mes lectures, comme je le fais de temps en temps sur le cinéma. Mais je ne lis pas forcément que des nouveautés, ou bien elles sont souvent lu avec plusieurs mois, voir plusieurs années de retard par rapport à leur parution. Ce qui limite l’intérêt de l’article.
Il est vrai que durant mon jeune temps, j’avais un débit de lecture beaucoup plus élevé que maintenant. C’était du temps où Internet n’existait pas encore et où la télé n’avait que cinq chaînes. Quand je suis chez moi, Internet occupe un espace toujours plus large. Et devient le média de premier plan. Ce blog en est la preuve. À l’époque comme maintenant, j’ai toujours eu tendance à lire tout ce qui me tombait sous la main. Et maintenant, ma PAL s’allonge à mon grand regret, alors que je ma fidélité à de multiples blogs, réseaux sociaux et sites d’actualité augmente également régulièrement.
Mais j’arrive à trouver du temps pour la lecture, la vraie, et voici donc un état critique de mes lectures récentes.

Dale Furutani

Voici un auteur américain d’origine japonaise, qui a écrit une trilogie qui vient de paraître en coffret. L’intrigue des livres se déroule au Japon au tout début de l’Ère Meiji quelques années après la bataille de Sekigahara qui a vu l’unification du pays par le Shogun Tokugawa.

Manase : – Vous n’avez pas entendu l’histoire qui se raconte depuis peu pour décrire le caractère des trois derniers souverains du Japon ?
Kaze : – Non.
Manase : – Elle est vraiment assez amusante. Nobunaga-sama, Hideyoshi-sama et Tokugawa-sama sont en train de regarder un oiseau sur une branche et ils voudraient le voir à terre. « Moi, je vais le tuer, annonce Nobunaga-sama, ça le fera tomber par terre. » « Moi, je vais lui parler, déclare Hideyoshi-sama, et le convaincre de descendre. » « Et moi, dit Tokugawa-sama, je vais m’asseoir et attendre que l’oiseau ait envie de descendre de lui-même. »

Je n’ai lu que les deux premiers tomes, {{ {La promesse du samouraï} }} [1] et {{ {Vengeance au palais de Jade} }} [2] le dernier {Menaces sur le Shogun} [3] se trouve encore sur ma PAL. Ces romans relatent l’histoire d’un ronin, un samouraï errant jeté sur les routes après la défaite de son seigneur à Sekigahara, du nom de Matsuyama Kaze. Celui-ci va dans chacun des romans se trouver mêlé à une intrigue politico-judiciaire.

Fouillant dans sa manche, Kaze en tira de l’argent emballé dans du papier. Il prit quatre pièces d’or oblongues et en mit deux dans les paumes ouvertes de chaque paysan stupéfait. [...]
Il s’éloigna. À peine avait-il fait quelques pas que Goro et Hanzo le rattrapaient en courant. Tombant à genoux, ils touchèrent la terre de leur front, les mains de chaque côté de la tête et s’écrièrent :
– Merci, samouraï-san ! Merci, merci !
– Relevez-vous. Ne soyez-pas vils ! Je ne vous ai donné que de l’or, pas quelque chose qui ait vraiment de la valeur.

Ces romans sont très agréables à lire. Une bonne idée de roman de plage. Mais ce que j’ai apprécié, c’est l’esprit « samouraï » avec ce mélange de philosophie zen et de code du bushido. Ces éléments sont très présent dans le texte et ça m’a tout de suite rappelé la très bonne biographie romancée de Miyamoto Musashi : {La Parfaite lumière} et {La Pierre et le sabre} de Yoshikawa Eiji. J’ai vu dans le personnage de Matsuyama Kaze beaucoup de Mifune Toshiro dans son rôle de Yojimbo filmés par Kurosawa Akira ou d’autres.

La promesse du samouraïVengeance au palais de Jade



En résumé, voici une bonne série de romans qui fera plaisir à tous ceux qui ont envie de découvrir de manière légère l’histoire et la philosophie japonaise.

Thomas Day

Thomas Day est à la littérature de genre française ce que Tarantino est au cinéma Hollywoodien. Ses romans sont bourrés de références, d’humour et d’irrévérence.
J’avais beaucoup apprécié {La Voie du sabre} (dans l’esprit des romans ci-dessus), {L’École des assassins} (inspiré des mangas et des wu xia pian), {Nous rêvions d’Amérique} (un peu polémique sur la politique américaine), etc. Bref, j’avais beaucoup aimé tous ses romans sortis entre 2001 et 2003. Puis, plus récemment, j’ai senti un changement dans le style de Thomas Day qui me rendait moins enthousiaste à la lecture de ces romans.
{Le Trône d’ébène}, son avant-dernier roman sur la vie de Shaka Zulu, que j’avais d’ailleurs lu juste avant de partir en Afrique du Sud l’année dernière, m’avait laissé dubitatif. Ce roman n’était qu’une suite de faits d’armes et d’événements, mais manquait d’âme. Ce que j’avais trouvé dommage alors que le concept d’incorporer la vie de cet ancien roi des Zulus dans un contexte fantastique était prometteur. Fouiller un peu dans la psychologie du personnage et détailler ses sentiments n’aurait pas été un mal.
Pour être clair, j’étais de plus en plus déçu par ce que pouvait présenter Thomas Day à son public. Et son denier roman n’a pas fait exception à la règle. Les commentaires plutôt favorables des lecteurs du blog d’Efelle ne m’ont pas fait changer d’avis. Car je n’ai pas trouvé dans {{ {La maison aux fenêtres de papier} }}, le dernier roman en date de cet auteur le plaisir que j’avais eu en lisant ses premiers romans. J’ai à faire à ce roman presque les mêmes reproches qu’au {Trône d’ébène}.

La maison aux fenêtres de papier



{La maison aux fenêtres de papier} raconte l’histoire de Sadako une femme-panthère adoptée par Nagasaki Oni, un boss de la mafia japonaise qui a la particularité d’être mi-homme mi-démon. Le récit est entrecoupé par de fausses légendes khmers expliquant l’origine des artefacts utilisés par les personnages du roman. Si ces légendes sont sympathiques, j’ai moins apprécié le mélange hétéroclite de cette histoire de yakuza inspiré de {kill Bill} de Tarantino avec cette histoire de démons pervers et brutaux. Nous sommes très loin ici du souffle épique de {La voie du sabre} ou de l’ambiance moite et envoûtante du Triangle d’Or de {La Cité des crânes}. Bref, bien qu’il ne soit pas inintéressant, j’ai pensé que {La maison aux fenêtres de papier} n’était pas le meilleur Thomas Day.
Heureusement j’ai fais l’acquisition de {{ {This is not America} }}, un recueil de trois nouvelles de Thomas Day. Ce petit livre m’a un peu réconcilié avec cet auteur, même si les nouvelles datent un peu. Il compile trois nouvelles dont une que j’avais déjà lu dans la revue {Bifrost}. Les trois nouvelles se passent dans des États-Unis parallèles, comme l’indique le titre. Vous voyagerez avec les plaines américaines avec les vrais assassins de JFK ou avec un préteur sur gage sous acide entre Los Angeles et l’Alaska. Tout est plein d’humour, bien écrit et complètement déjanté ; c’est tout ce que j’aime.

This is not America



Ainsi, il serait temps que Thomas Day retrouve sa fouge d’antan, qu’il ne cède plus à la facilité et qu’il mette son immense talent au service d’œuvres plus fouillées et/ou plus ambitieuses.

Xavier Bruce

Je ne connaissais pas cet auteur, le sujet semblait différent de la soupe habituelle et il avait de bonnes critiques dans {Bifrost}. Évidemment, j’aurais du me méfier, car la revue {Bifrost} est éditée par le même éditeur que {{ {Incarnations} }}.

This is not America



Un vieux réalisateur sado-maso de film gore organise une espèce de télé-réalité dans une boucherie industrielle désaffectée d’Ozoir-la-Ferrière. Pour ça, il réuni une équipe de « bioacteurs » névrosés pour les manipuler. L’idée est sympa. L’action commence comme un slasher. Ça se lit bien et on s’imagine avoir à faire à un vrai thriller à l’américaine. Mais cette impression passe vite tant on a l’impression d’être autant manipulé que les personnages du bouquin. Seulement, le lecteur qui n’est pas aussi névrosé qu’eux commence à s’ennuyer ferme et veut passer à autre chose. D’autant que toute l’intrigue retombe comme une crêpe aux dernières lignes du roman.
Ma conclusion est que si ce livre se lit vite, on peut faire l’impasse sans état d’âme.

- Musique d’ambiance :

[1En VO : Death at the crossroads.

[2En VO : Jade palace vendetta.

[3En VO : Kill the Shogun.