Trouver un scénario pour la partie de jeu de rôle en confinement Le jeu de rôle en confinement – partie 7

, par  Laurent , popularité : 11%

Dans les épisodes précédents nous avions vu comment nous avions choisi notre jeu et comment nous avons organisé la technique pour jouer à du jeu de rôle sur table pendant le confinement.

Il vous a fallu attendre l’épisode 7 pour qu’enfin je daigne m’intéresser un peu à l’histoire. Alors que c’est quand même la chose la plus importante dans le jeu de rôle. Merci d’avoir été fidèles jusque là !

Dans cet épisode, j’aborde le scénario.

Comment j’invente mes scénarios

Depuis que je pratique le jeu de rôle, j’ai pris l’habitude d’observer ce qui m’entoure, d’analyser les détails dramatiques dans les films, les séries et les pièces dont je suis spectateur. Dès que je sens un truc intéressant, je le note dans un coin du tréfond de ma tête en me disant : « ça, c’est très intéressant, il faut que je le recycle pour un scénar’ de jeu de rôle ». Je m’inspire de tout ce qui passe devant mes yeux ou à travers mes oreilles.

Ainsi, mon cerveau est truffé d’histoires potentielles prêtes à être employées. Si l’idée est suffisamment intéressante, je prends le temps de la mettre en forme. Ce fut le cas pour le scénario que nous avons joué pendant le confinement. Avant même d’avoir envisagé la possibilité que je puisse refaire des parties de jeu de rôle à nouveau, j’avais assemblé des notes sur son déroulement depuis longtemps. Quand je disais dans une précédente note que l’on est rôliste pour la vie, je ne plaisantais pas.

Ainsi, si le besoin s’en fait ressentir, je suis prêt à proposer un grand nombre d’histoires à mes joueurs, sans forcément piocher dans des modules [1] du commerce. Quel que soit le genre ! [2]

D’où vient le scénario que j’ai fait jouer pendant le confinement ?

C’est un spectacle incroyable qui m’a donné le point de départ du scénario. En 2019, pour l’année du Japon, j’ai vu à la Villette une interprétation magistrale du Mahabharata - Nalacharitam.

Le Mahabharata, c’est l’un des poèmes épiques fondateurs de l’Hindouisme avec le Mahāyāna. Il est constitué d’une multitude d’histoires. Le Nalacharitam est une petite histoire perdue au milieu de toutes les histoires qui constituent l’épopée du Mahabharata. Comme tous les textes religieux indiens antérieurs au Bouddhisme, il est arrivé au Japon il y a déjà un sacré bout de temps avec les premiers moines prosélytes. C’est là-bas que le metteur en scène Japonais Satoshi Miyagi a choisi de revisiter le conte Nalacharitam, la légende du Roi Nala. Il l’a présenté pour la première fois au public Français au Festival d’Avignon en 2014. Le succès fut immense. Il revînt à Paris pour les Japonismes en 2019.

Outre les qualités incroyables de cette représentation d’où je suis ressorti plus qu’enchanté, ce conte contient un nombre incroyable d’idées à récupérer dans un jeu de rôle. C’est ce que j’ai fait.

Voici le résumé de l’histoire :

Nala, le Roi d’un Royaume prospère est éperdument amoureux de sa femme, la Reine Dayamanti. Malheureusement, ce Roi perd à la fois son Royaume et sa femme, à la suite d’un mauvais jet de dé alors qu’il jouait lors d’une grande fête organisée par un Roi rival et voisin. Bien sûr, si notre Roi malheureux en est arrivé là, c’est qu’il était sous l’influence maléfique d’un démon jaloux.

C’est le point de départ de mon histoire. J’ai logiquement appelé ce scénario Nalacharitam et j’ai imaginé tout un univers de fantaisie-épique autour de cette histoire. C’est une histoire parfaite pour Dragon de poche² le jeu que j’avais choisi pour notre campagne de confinement. Souvenez-vous, j’en ai parlé ici. J’ai juste échangé le démon maléfique avec un dragon enténébré.

Dans un éclair de lucidité, le Roi s’est enfui de la fête sur son char avec sa Reine. Ils ont parcouru des lieues et des lieues avant que le châssis du char ne casse. Ils ont poursuivi leur périple à pied à travers une épaisse forêt. Éreintés, ils se sont endormis sur les bords d’un cours d’eau. À son réveil, la Reine est seule. Le Roi honteux a fuit en emportant avec lui une manche arrachée de la robe de sa femme.

C’est au milieu de la forêt, in media res [3], que l’aventure commence pour nos joueurs qui vont trouver et recueillir la belle et jeune Reine à la robe magnifique et au bras nu.

J’ai écrit les grandes lignes du scénario à partir de cette histoire. J’ai énormément développé le cadre de l’univers autour et les personnages non-joueurs de celui-ci. Par leurs réactions, les joueurs ont fait le reste. À tel point que j’ai de la matière pour en faire un vrai supplément de jeu de rôle. J’ai même des idées pour une suite que nous jouerions à la rentrée de septembre.

Lors du confinement, j’ai fait jouer le scénario sur trois séances d’une durée de 2 heures à 2 heures 30. J’ai enchaîné ensuite sur une « deuxième saison » de trois séances de durée identique. Une troisième saison pourra être jouée dès que mes joueurs se sentiront prêts ou si nous sommes reconfinés.

Je n’avais pas prévu de détailler les éléments du scénario sur ce blog. Mais si vous êtes curieux, si connaître les détails du scénario vous intéresse, si vous voulez le faire jouer à vos amis ; je peux, peut-être, changer d’avis. Si vous laissez des commentaires sous cet article, je vous donnerai accès aux ressources nécessaires pour mener à bien votre partie.

Dans l’article suivant, je vous expliquerai comment j’ai réinventé la manière dont je mène une partie de jeu de rôle, comment j’ai dû remettre en question ma manière de raconter une histoire à mes joueurs afin de m’adapter au média à distance. Comme ce sont les vacances scolaires, ne m’en veuillez pas si j’espace un peu les publications dans le temps.

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Et vous ? Utilisez-vous des scénarios du commerce ou utilisez-vous les vôtres ? Où trouvez-vous vos inspiration ? Voulez-vous que je vous partage les détails du scénario ? Racontez moi tout dans les commentaires ci-dessous.

[1Au début du jeu de rôle, les scénarios vendus séparément du coffret de base s’appelaient des modules.

[2J’ai un scénario d’horreur à la Lost prêt à faire feu.

[3In media res est une structure littéraire dans laquelle les héros, c’est à dire mes joueurs, entrent directement dans l’aventure par l’action, sans qu’il n’y ait eu d’introduction.